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Definitions

1. Epargnant solidaire

Qu’il dispose de quelques euros en fin de mois ou qu’il hérite d’une somme importante à investir, l’épargnant se trouve face à une kyrielle de possibilités. Mais toutes ne se valent pas. D’un point de vue financier, les rendements sont, certes, variables. Mais surtout, les produits financiers diffèrent en termes de finalité de l’argent placé.

En effet, chaque euro placé permet à la banque de financer une entreprise ou un projet. Entre l’octroi d’un crédit pour la production d’armes ou pour le développement d’une ferme biologique, il y a un monde de différences.

L'individu qui place son argent dans des produits d'épargne solidaire veut donner un sens à son épargne. Il a adopté des valeurs telles que la solidarité et la cohésion sociale.

L’individu qui se lance dans l’épargne solidaire pose, dès lors, un acte engagé au même titre que le consommateur qui achète des produits du commerce équitable, par exemple.

2. Produit d'épargne solidaire

Les produits d’épargne solidaires se déclinent sous les mêmes formes que les produits d’épargne traditionnels. Selon ses critères de risque, de liquidité et de rendement, l’épargnant peut choisir de placer son argent sur des comptes d’épargne, des comptes à terme, dans des SICAV et fonds communs de placement, assurances-vie ou encore en actions et parts sociales d’organisations solidaires.

Mais, la finalité du produit d’épargne solidaire est différente de celle des produits de l'épargne traditionnelle: il favorise la cohésion sociale par le financement de projets et d’entreprises qui présentent une valeur ajoutée pour l’homme, la culture et/ou l’environnement. En d'autres termes, le produit d’épargne solidaire soutient des organisations et des projets à plus-value sociale, culturelle et/ou environnementale.

Pour ce faire, il intègre en son sein un mécanisme de solidarité sur le capital de l’épargne et/ou sur les revenus de l’épargne.
  • L’investissement solidaire (solidarité sur le capital de l’épargne)

Il consiste à investir le capital de l’épargne dans des organisations ou des projets à plus-values sociale, culturelle ou environnementale.
  • Le placement avec partage solidaire (solidarité sur les revenus de l’épargne)

Il consiste à partager tout ou partie des bénéfices dégagés par le placement de l’épargne au profit d’organisations ou de projets à plus-values sociale, culturelle ou environnementale.

L’épargnant s’adressera aux institutions financières engagées dans une démarche solidaire, qu’il s’agisse de financiers alternatifs, de banques éthiques ou de banques traditionnelles.

3. Solidarité

La solidarité est un principe qui se caractérise par le fait d’avoir conscience d’une responsabilité et d’intérêts communs qui entraîne, pour les uns, l’obligation morale de porter assistance aux autres.

La Charte pour un monde solidaire, établie par des réseaux de l’économie solidaire au sein de l’Union européenne, a établi les six principes suvants :

1.Egalité :

les initiatives solidaires satisfont de manière équilibrée les intérêts respectifs de toutes les parties prenantes intéressées par les activités de l’entreprise ou de l’organisation ;

2.Emploi :

les initiatives solidaires créent des emplois stables et favoriser l’accès à l’emploi des personnes défavorisées ou peu qualifiées ;

3.Environnement :

les initiatives solidaires favorisent les actions, produits et méthodes de productions qui ne nuisent pas à l’environnement à court et à long terme ;

4.Coopération :

les initiatives solidaires favorisent la coopération et éviter la compétition au sein et à l’extérieur de l’organisation ;

5.Non-profit :

les initiatives solidaires n’ont pas pour finalité l’obtention d’un bénéfice, mais la promotion de l’individu et de la société ; ce qui n’exclut pas, lorsque c’est possible, de générer un profit. Les bénéfices éventuels ne se répartissent pas au profit d’un individu mais sont retournés à des projets solidaires ;

6.Concertation :

les initiatives solidaires s’intègrent pleinement dans le contexte social dans lequel elles se développent, ce qui exige la coopération avec d’autres organisations et l’implication dans des réseaux, afin de générer un modèle socio-économique alternatif.

4. Cohésion sociale

Le Conseil de l’Europe définit la cohésion sociale comme « la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, à minimiser les disparités et à éviter la polarisation » . La cohésion sociale touche donc aux questions relatives à l’enfance et à la famille mais aussi à l’accès aux droits sociaux tels que l’accès à l’emploi des groupes marginalisés et la participation des usagers aux services sociaux.

5. Economie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire consiste en une organisation démocratique de la production et de la consommation qui privilégie le service à la collectivité plutôt que la capitalisation et le profit privé.

6. Investissement socialement responsable

Quant à l’investissement socialement responsable (ISR), il se définit au sens large comme toute forme d’investissement qui ne répond pas uniquement à des critères financiers mais également à des préoccupations sociales, éthiques et environnementales.

7. Finance solidaire

Contrairement au commerce équitable, le terme de finance solidaire n'est pas un terme reconnu de tous.

Le terme devra encore faire son chemin: se faire connaître, être légitimement mis en pratique, pour finalement se faire accepter de tous. A l'origine de ces disparités nationales, des influences religieuses, sociales ou environnementales diverses qui caractérisent chacun des 7 pays étudiés.

Ainsi, sur le plan sémantique, la France et la Belgique distinguent la ‘finance solidaire’ de la ‘finance éthique’ (ou ‘socialement responsable’). Plus exactement, la finance solidaire inclut les principes de la finance éthique mais va plus loin : elle soutient des projets ou organisations à plus-value sociale, environnementale ou culturelle, de proximité et non cotés en bourse. La volonté de l’épargnant de s’inscrire dans un tel courant est essentielle.

En Italie le terme ‘finance solidaire’ est rarement utilisé. On y parle plutôt de ‘finance éthique’. Il en va de même en Espagne où la notion de solidarité est encore souvent liée à la notion exclusive de don.

D’autres pays utilisent une terminologie encore différente pour désigner le concept de 'finance solidaire' : on y parle de 'finance sociale' ou de 'finance durable'. C’est le cas de l’Allemagne, du Danemark et de la Scandinavie en général ou encore au Royaume-Uni.

Notons encore que, dans ces pays, la notion de finance éthique existe aussi, sous des dénominations similaires telles que ‘finance durable’ ou encore ‘finance socialement responsable’.
Le lecteur aura compris que l’hétérogénéité règne encore et que la confusion peut s’installer facilement dans l’esprit de l’épargnant.

Or, le Réseau Financement Alternatif en Belgique et, dans une certaine mesure, Finansol en France travaillent depuis plusieurs années à différencier et à expliciter ces termes :

Finance solidaire :

Art de traiter l’argent et ses multiples facettes (épargne, investissement, crédit, gestion de compte, …) en ayant conscience d’une responsabilité et d’intérêts communs qui entraînent pour les uns la volonté de porter assistance aux autres.

Finance sociale :

Art de traiter l’argent et ses multiples facettes (épargne, investissement, crédit, gestion de compte, …) pour participer au développement de la collectivité, pour le bien de tous (par exemple : financement des hôpitaux, crèches, maisons de retraites, etc.).

Finance éthique ou socialement responsable ou durable :

Art de traiter l’argent et ses multiples facettes (épargne, investissement, crédit, gestion de compte, …) non plus sur la base uniquement de critères financiers mais en y intégrant des préoccupations sociales, éthiques et environnementales.

La finance éthique, socialement responsable ou durable constitue en réalité un même concept qui évolue dans le temps et, comme mentionné supra, en fonction des influences plus ou moins marquées des mouvements religieux (on aura tendance à recourir davantage au terme ‘éthique’ si l'influence du religeux est forte).

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