Un constat s’impose à la suite de l’état des lieux de l’épargne solidaire dans sept pays membres de l’Union européenne : ce marché est encore balbutiant et très hétéroclite.
Ainsi, la France et la Belgique constituent les pays où l’épargne solidaire est la plus développée. En effet, la finance solidaire s’y différencie de la finance éthique (ou socialement responsable ou durable) ou de la finance sociale ; le nombre de produits d’épargne solidaire y est plus important que dans les autres pays ; le développement des mécanismes de solidarité y est le plus poussé ; des associations nationales assurent la promotion de la finance solidaire ; des indicateurs sont établis annuellement au niveau national ; un lobbying actif a permis de réelles avancées légales et fiscales. Enfin, et ce n’est pas le moins important, les banques traditionnelles participent de plus en plus à ce marché.
Dans les autres pays, la finance solidaire prend forme, sans utiliser ce vocabulaire cependant, à l’initiative de quelques acteurs motivés à qui la tâche incombe de lancer un marché somme toute inexistant jusqu’à il y a peu. Ces acteurs sont des financiers alternatifs, CDFIs, banques anthroposophiques, etc. impliqués dans le développement d’une économie plus sociale et environnementale.
Dans chaque pays, l’éventail de produits proposés aux épargnants est plus ou moins étendu selon que le marché de la finance solidaire y est plus ou moins avancé.
Il en va de même pour les mécanismes solidaires : logiquement, plus le marché s’étend, plus les acteurs s’activent à trouver de nouvelles formules solidaires.
D’autre part, à ce jour, les seuls indicateurs de l’épargne solidaire sont développés en France et en Belgique, soit les deux pays les plus avancés en matière de finance solidaire.
Enfin, dernier élément qui prouve la jeunesse de la finance solidaire au niveau européen, la réglementation : à l’heure actuelle, la majorité des pays analysés ne dispose pas encore de dispositions légales spécifiques à ce secteur.
Cependant, les points de convergences sont nombreux : s’ils ne sont pas partout très développés, les produits et les mécanismes solidaires proposés aux épargnants sont généralement similaires. On retrouve ainsi, dans chaque pays, l’offre de produits ‘de base’ tels que les comptes d’épargne, comptes à termes, parts sociales et actions dans des entreprises non cotées en bourse, par exemple.
Autre point sur lequel tous les pays s’accordent : les domaines financés par l’épargne solidaire. En effet, si chaque pays a développé ces domaines en fonction de ses sensibilités (l’accent mis sur l’environnement est le plus fort au Danemark par exemple) et de l’histoire de la finance solidaire (influence plus ou moins forte des fondations et autres organisations caritatives), la récolte de l’argent solidaire finance partout des projets et des organisations qui favorisent l’économie sociale et solidaire.
Enfin, le critère de la transparence fait l’unanimité dans tous les pays examinés. Dans de nombreux pays, les acteurs financiers alternatifs insistent sur la transparence de la gestion du produit d’épargne solidaire. La France va plus loin encore puisqu’elle prévoit que l’organisme gestionnaire doit désigner en son sein un Correspondant Épargne labellisée.

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